FLE – L’influence de l’anonymat sur la communication dans un chat didactique

Communication pour le congrès EPAL: Echanger pour apprendre en ligne, Grenoble, 7-9 juin 2007.

Cette communication sur l’influence de l’anonymat sur la communication dans un chat
didactique s’appuie d’une part sur les travaux en didactique et, d’autre part, des recherches en sociologie, elle présentera les résultats d’expériences menées sur des chats didactiques avec des étudiants de FLE germanophones.

De nombreux travaux en didactique (entre autres Abrams 2003, Beauvois 1995, Blake 2000, Chun 1994, Kern 1995, Tudini 2003, Warschauer 1996) montrent que l’utilisation de chats conduit à un nombre important d’interactions et favorise les échanges entre apprenants. D’autres recherches (notamment Hudson et Bruckman 2002) montrent que les apprenants plus timides participent plus aux chats qu’aux discussions en présentiel. Hudson et Bruckman expliquent ce phénomène par le concept de desinhibition. Ils posent notamment le principe que tout individu projette des aspects différents de lui-même en fonction de la façon dont il veut que l’autre perçoive l’interaction. Or, utiliser une langue étrangère en situation d’apprentissage revient, du fait des déficits langagiers, à renoncer à une partie du contrôle de l’image que l’on donne de soi. Parce qu’il laisse plus de temps pour formuler ou reformuler et surtout qu’il ne met pas la personne qui intervient au centre de l’attention de tous, le chat peut permettre de réduire ces inhibitions.

Les observations et analyses recoupent celles de sociologues tels que Draelants (2001), Hudson / Bruckman (2002), Hudson (2006), Pastinelli (2002) qui ont constaté, en accord avec les théories de Goffmann sur le ‘self’ multiple (1973, 1974 et 1981), que l’anonymat permettait aux participants à des chats publics de mettre en avant des aspects de leur personnalité qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas vivre dans les relations traditionnelles.

Les effets peuvent-ils être exploités en situation d’apprentissage des langues? L’expérience
dont nous présenterons et analyserons les résultats se place à la croisée de ces recherches. Il s’agit d’une expérience menée auprès d’étudiants apprenant le français en centre de langues et disposant d’un niveau B1 environ. Les étudiants répartis en deux groupes ont, successivement et de façon croisée, participé à un chat en tant qu’utilisateurs identifiés et en tant qu’utilisateurs anonymes. Un questionnaire comprenant questions ouvertes et fermées rempli par les étudiants à l’issue de l’expérience nous a permis de collecter des données substantielles.
L’analyse des réponses apporte de premiers éléments de réponse aux questions suivantes sur l’anonymat dans un chat didactique:
o L’anonymat favorise-t-il un sentiment de liberté et la désinhibition?
o L’anonymat favorise-t-il une plus grande honnêteté ou l’inverse?
o L’anonymat réduit-il la peur de faire des erreurs?
L’analyse quantitative et qualitative des réponses des étudiants montre clairement l’intérêt, mais aussi les limites de l’anonymat dans les chats didactiques. Cette analyse débouchera sur des recommandations didactiques pour l’utilisation de chats didactiques anonymes.
Mots-clés: didactique, chat didactique, interactions, motivation

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